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IMG_1763C’est une foule nombreuse d’invités et d’élèves qui est venue assister à l’inauguration du projet Mur Sensible conduit avec le vidéaste/plasticien Jean Michel Zazzi au lycée Xavier Bichat de Nantua.
Après la rafle de Nantua et le Pop Art, c’est un projet plus minimaliste, plus complexe : « mur sensible », qui s’est déroulé en plusieurs étapes :
De septembre à décembre 2014, les lycéens, les professeurs, les personnels ont travaillé en classe, au CDI, sur le choix des mots figurant sur le mur, situé entre le hall d’accueil et l’administration du lycée Xavier Bichat.  Par petits groupes, accompagnés de professeurs volontaires, ils ont échangé sur la signification et l’importance des mots choisis. Ils les ont sélectionnés et écrits sur des post-it. Classes du lycée général et du lycée professionnel ont ainsi été impliquées dans ce projet.
En janvier 2015, les lycéens ont écrit au stylo bic rouge, leurs mots (influencés par les évènements traversés alors…), dans les zones qui ont été recouvertes de peinture thermosensible rouge ; de la peinture jaune, rose et violet a ensuite été passée au pinceau et au rouleau d’après un dessin abstrait du plasticien, agrandi et projeté sur le mur.


IMG_1762Cette peinture innovante ERIKA a été choisie par Jean Michel Zazzi, après rencontre avec le fabricant, en Alsace, et plusieurs essais préparatoires.
Il a fallu 12 couches pour masquer les mots, travail de fond…apprentissage de la patience…Et c’est en appuyant la paume de la main quelques secondes sur les zones rouges que l’on fait apparaître ainsi fugacement le mot dissimulé.
La progression de cet atelier a été filmée par les élèves et donnera lieu à un documentaire retraçant cette aventure artistique. Des rushes ont été  diffusés lors du vernissage et le film mémoire du projet est disponible sur YouTube.
Le « mur sensible » est un projet global qui a permis l’émergence de nombreux talents (performances, en anglais, espagnol, théâtre, musique, dj…) qui se sont exprimés lors de ce vernissage. La fresque réalisée sur le mur et la vidéo laisseront les traces de cette aventure artistique, traces que les élèves continueront à faire apparaître sur le mur au gré de leurs passages dans le couloir….

L’artiste Jean Michel Zazi explique que Mur Sensible est une expérience entre la Langue (les mots), la Chimie (la peinture thermosensible), l’Art (la fresque, le théâtre, la performance, la poésie), la Mémoire (la vidéo), le son (la musique), le Collectif et la Fête (le vernissage) … Le Mur est un prétexte à projets. Il est l’occasion pour une lycéenne d’écrire un texte qui sera joué en public, l’occasion pour les acteurs du lycée de réaliser quelques performances drolatiques et surprenantes, de démarrer un atelier informatique, de tourner des vidéos  en anglais, de dire de la poésie en espagnol, de déclamer du Walt Whitman, de visiter le Musée de l’Art Brut à Lausanne, d’écrire des articles, de faire de la musique, de mixer, de danser, de peindre une soixantaine de tableaux  » à toucher  » (petite transgression dans l’Art) … mais surtout de se rencontrer librement autour d’un projet commun. Jean Michel Zazi raconte que l’artiste se trompe souvent. Il se nourrit de transcendance, de symbolique,
de correspondances inédites. Les lycéens ont cette aptitude à le faire vite revenir sur terre, à lui remettre les yeux en face des trous. Il attendait des jeux de mots compliqués, des verbes rares, des illuminations : les lycéens ancrés dans le Réel et dans la Vie l’ont ramené à l’essentiel : l’amour d’une famille, l’inquiétude et la fièvre face à l’avenir, le goût de la liberté, la joie de la musique, l’amitié.

Il faut de la patience pour que le mur sensible fonctionne :
– avoir la paume de la main tiède (… à Nantua, l’hiver c’est difficile),
– la plaquer 6 ou 7 secondes sur le mur,
– Un mot (un bout de mot si vous n’avez pas de chance) se révèle alors de manière fugace,
– une petite minute plus tard, le mot retourne se cacher sous ses 12 voiles de peinture.

Tous les gens présents ont apprécié ce pur moment de bonheur et de sérénité en présence notamment d’un groupe de correspondants allemands qui repartiront prochainement dans leur famille avec plein d’images et… de mots… dans la tête et dans le cœur.