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LYCEE-3Discours de Jean Pierre Carminati Maire de Nantua

M. Le préfet, Mme la sous préfète, M. le député, M. le président du CG, Mme la conseillère régionale, Mme la Sénatrice, M.les conseillers Généraux, M. les élus,
Mesdames et Messieurs les personnalités Mesdames et Messieurs chers amis.

Il y a exactement 70 ans de cela, à l’heure où je vous parle, la ville de Nantua était encerclée par les forces nazies. Toutes les entrées de la commune sont cernées et verrouillées par un bataillon d’environ 400 hommes dont la seule volonté est d’organiser une répression punitive contre la population civile.
Toutes les maisons de notre commune sont fouillées, la terreur règne dans la ville. 150 hommes de 18 à 40ans sont amenés de force à la gare et seront dirigé vers le camp de Compiègne avant d’être répartis dans les divers camps de concentration du Reich, et notamment celui de Buchenwald. Parmi ces 150 raflés innocents, figurent 21 élèves et professeurs du collège Xavier Bichat, 34 de ces raflés parviendront à s’échapper en sautant du train, 116 vont être alors déportés et seule une vingtaine d’entre eux reviendront.
Les forces vives de notre commune vont être décimées.
La ville de Nantua restera à jamais marquée au plus profond d’elle-même par l’histoire de cette tragédie.

photoLYCEE-3Aujourd’hui la ville de Nantua se souvient de ces martyrs et chacun d’entre nous se doit d’être le porteur de mémoires, la flamme du souvenir, la lueur luttant inlassablement contre l’intolérance et contre toute forme d’extrémisme.
Ce combat incessant a été repris depuis une année par une quarantaine de lycéens volontaires du lycée Xavier Bichat et leur professeurs en partenariat avec le musée départemental de la résistance. Ces 40 lycéens que je salue et que je remercie ici du fond du cœur, ont entamé un voyage à Buchenwald dans une approche mémorielle et artistique.
Ce voyage qui aurait pu être qu’un instant figé de souvenirs, c’est révélé être un formidable souffle de liberté, de vie dont la fresque monumentale sur le fronton de ce lycée est l’œuvre maitresse.
Merci à tous ces lycéens, vous avez l’âge des adolescents raflés il y a 70 ans de cela, vous leur rendez un hommage émouvant qui traverse les générations et qui s’inscrit sur les murs de votre lycée. Vous avez magnifié ce temps de tristesse infinie pour nous transporter de l’horreur d’une guerre à la beauté d’une création. De la couleur grise de la déportation et des uniformes nazis, vous nous avez offert la couleur et l’espoir, et surtout vous êtes les passeurs d’une mémoire et d’un souvenir que rien n’arrêtera… Vous avez découvert au travers de votre voyage sur les traces des déportés leur vie inhumaine, vous avez touché du doigt jusqu’où l’homme pouvait aller dans son animalité.
« L’art, est toujours la libération d’une puissance de vie »dit Gilles Deleuze….
c’est la puissance de la vie contre les forces obscures de l’oubli et de la mort.
En 1945, La résistance et la liberté étaient au bout du chemin de tous ceux qui ont combattu pour cette France libre.
Votre fresque murale en est aujourd’hui le parfait étendard !
photoL’esprit de la résistance, l’esprit de la liberté flottent parmi nous pour cette cérémonie. J’ai le souvenir de cette phrase de Primo Levy, qui de retour de ces camps de concentration, écrit : « quand j’ai été libéré ce qui dominait c’était la honte d’être un homme »…

Aujourd’hui je voudrais juste vous dire que je suis particulièrement fier de participer à cette commémoration, de lutter avec vous pour que le mot humanité retrouve toute sa place et de partager avec vous ce temps du souvenir qui nous réunis.
Je terminerais mes propos par ce beau texte de Nelson Mandela
« Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, de son passé, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car l’amour nait plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire.